Les grandes affaires criminelles.

Les grandes affaires criminelles.

NOËL 2011: MASSACRE DANS LES QUARTIERS NORD.

 

Dans la nuit du 25 au 26 décembre 2011, une voiture calcinée avec 3 corps à l'intérieur est découverte par la police, aux Pennes-Mirabeau, un village au nord de Marseille. Les trois cadavres sont identifiés comme étant ceux de Sonny Albarello, 20 ans, Mohammed Bouhebel et Nouri Oualan, 19 ans, connus des services de police pour des affaires de stupéfiants. L'autopsie révéla que les jeunes avaient été tués par balles avant d'être brûlés dans un "barbecue marseillais" dans leur Audi A3. La police est rapidement sur la piste d'un règlement de compte entre trafiquants de drogue, surtout que quelques jours avant, Mohammed Bouhebel avait été contrôlé habillé d'un gilet pare-balles, expliquant aux policiers qu'il se sentait menacé ! Les 3 trucidés habitaient la cité des Micocouliers, dans les quartiers Nord de Marseille, près de la cité de Bassens.

 


 

Rapidement, les enquêteurs vont mettre à jour une querelle de territoire entre deux bandes. Sonny Albarello et ses deux amis, travaillaient pour un certain Samy Ati, qui contrôlait le trafic de stupéfiants à et autour de la cité Bassens. Or, les trois jeunes, fans de Tony Montana, voulurent voler de leurs propres ailes et s'émanciper de la tutelle du caïd, pour toucher les bénéfices de la vente de stups aux Micocouliers. Quelques mois avant, Ati avait reçu une volée de balles dans les jambes de la part de Sonny. Aussi avait-il émis un contrat sur la tête des trois jeunes, pour se venger et pour punir les récalcitrants. Apparemment, le contrat de 150 000 € aurait séduit deux trafiquants de Bassens, les frères Laribi, Lamine et Mehdi.

Le 25 décembre 2011, les trois dealers munis de 60 000 € vinrent se ravitailler à Bassens auprès des deux hommes qu'ils connaissaient bien. D'après les témoignages, Mehdi serait monté dans l'Audi A3 pour conclure le deal et en aurait profité pour exécuter les trois hommes, dans la voiture pour brûler les cadavres peu après.

Mais cette fois-ci, l'horreur du crime a délié les langues et a rompu l'omerta des cités. Des témoignages des proches ont mis la police sur la piste des frères Laribi, avec qui les trois jeunes avaient rendez-vous le soir du 25 décembre, d'après la soeur d'un des tués. Le téléphone portable d'un des frères a aussi borné aux Pennes-Mirabeau, dans la nuit du 25 au 26, prouvant que les deux suspects étaient dans la zone où la voiture a été carbonisée.

En décembre 2015, le procès des 3 suspects, Samy, le commanditaire et les frères Laribi, leur bras armé, a eu lieu à la cour d'assise d'Aix-en-Provence.

 


 

 (Source : La Marseillaise)

Ils furent reconnus coupables et  condamnés à une peine de 25 ans de prison avec une période de sûreté des 2/3.

 

Emblématique de l'hyper-violence qui gangrène la cité phocéenne, pour contrôler le trafic de stupéfiants, ce procès est aussi l'amer constat de l'impuissance des pouvoirs publics face à cette dérive macabre. Les quartiers Nord de Marseille dévorent ses propres enfants et cette spirale infernale n'est pas prête de s'arrêter !

 


 


04/06/2016
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JOHN LIST: FAMILLE, JE VOUS HAIS !

 

John List , banquier de son métier, a réussi sa vie accédant à l'american way of life. Il a une femme, trois enfants, et une belle maison avec  une verte pelouse. Mais derrière cette façade de bonheur discret et de respectabilité, Johnny s'ennuie, il ne supporte plus sa mère qui s'empiffre et passe son temps à prier,  sa femme alcoolique qui commence à dérailler, et ses trois enfants qui l'envoient bouler ! De plus, il est perclus de dette et la banque vient de le licencier, ce qu'il cache à sa famille en faisant semblant d'aller bosser tous les matins, un peu comme Jean-Claude Romand, le mythomane de Ferney-Voltaire. Le 9 novembre 1971, il va péter une durite ! Il tue d'abord sa mère, puis sa femme, avec une arme à feu. Il occis deux de ses enfants au retour de l'école. Enfin, après être allé voir le match de foot de son dernier, il le massacre au retour à la maison. Dans une lettre à son pasteur, il écrivit que ce monde était satanique et qu'il a voulu sauver les âmes des siens. A première vue, on pourrait penser que l'homme  a massacré sa famille sur un coup de folie, mais le "modus operandi" prouvait plutôt le contraire. Ces assassinats étaient prémédités puisque John List disparu presque à jamais ! 

18 ans plus tard, l'émission télévisée America's Most Wanted, évoqua l'affaire John List devant le public américain et un habitant de Richmond, reconnut son voisin comme étant l'assassin. Le 1er juin 1989, List fut arrêté. L'homme avait refait sa vie à Denver, sous le nom de Bob Clark et il se maria avec Dolores Miller, une adepte de son église luthérienne.

Jugé en 1990, il fut condamné à 5 peines de prison à vie. Il fit appel du jugement, mettant son action meurtrière sur un trouble de stress post-traumatique, causé par sa participation à la seconde guerre mondiale et à la guerre de Corée, mais son argument fut rejeté. A la question de savoir pourquoi il ne s'était pas suicidé, il répondit que le suicide l'aurait empêché d'aller au paradis. Il est mort en prison en 2008. Cette histoire ressemble presque trait pour trait à celle de Dupont de Ligonnès.


07/04/2016
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TOSCANE SANGLANTE : LE MONSTRE DE FLORENCE.

 

Le sociologue français Salvatore Maugeri revient dans son livre "Toscane sanglante" ( le site de l'auteur où vous pouvez acheter le livre) sur le Monstre de Florence, serial-killer italien qui a terrorisé l'Italie dans les années 80. En effet, de 1981 à 1985, 7 couples sont sauvagement assassinés, la nuit, dans la campagne toscane, selon un modus operandi immuable. De jeunes amoureux, cherchant un peu de quiétude, pour leurs ébats amoureux, se font occire par balles, dans leur voiture, le tueur se livrant à des mutilations post-mortem. Le lien entre tous ces crimes ? Les balles, qui sont tirées par une même arme, un Beretta 70. Rapidement les enquêteurs relient ces crimes à 2 autres ...un couple tué en 1974 et un autre en 1968 !!! Toujours la même arme ! Cette série de crime incroyable, qui a eu peu d'échos en France, il faut dire qu'à la même époque, les journaux hexagonaux étaient saturés par l'affaire du petit Grégory, a donné lieu à une chasse à l'homme sans précédent, menée par une unité spéciale uniquement dédiée au Monstre. Mais comme le montre l'auteur, l'incompétence de certains enquêteurs et de quelques juges, la guerre des polices, a transformé cette enquête en une vaste farce juridico-policière qui désigne des coupables incertains, de quelques simplets de la Toscane profonde menés par un paysan lubrique, Pietro Pacciani à une piste satanique plutôt folklorique qui nous amène sur des théories conspirationnistes ubuesques ! Salvatore Maugeri, qui connaissait bien la dernière victime du Monstre, le français Jean-Michel Kraveichvili, assassiné avec sa compagne, 

 


 

dénoue avec clarté cet écheveau inextricable que fut l'enquête initiée par les polices italiennes, en dénonçant les turpitudes de ces dernières. Le Monstre n'a jamais été vraiment identifié mais ce mystère tient peut-être sa solution dans le double assassinat de 1968 et les investigations continuent. Ecoutez le passage de l'auteur, Salvatore Maugeri, à L'heure du crime, chez Jacques Pradel sur RTL : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-monstre-de-florence-7781598131


27/02/2016
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MARCEL BARBEAULT, LE TUEUR DE L'OMBRE.

 

Du 10 janvier 1969 à fin janvier 1976, 7 femmes et un homme vont être victimes d'un tueur, à Nogent-sur-Oise. Un homme grand et fort s'introduit chez des femmes seules, les tue d'une balle de 22 long rifle dans la tête, les déshabille, vole leur sac et prend la fuite.  Une victime a réussi à s'enfuir et a pu donner des détails sur la silhouette du tueur ainsi qu'un portrait-robot très imparfait, puisque l'assassin avait le visage caché.

 


 

La police a retrouvé un sac sur les lieux d'un des crimes, une sorte de porte-casse-croûte assez répandu dans les milieux ouvriers.

Le modus operandi semble être toujours le même avec la  neutralisation/mise à mort/déshabillage/vol. Mais dans cette série, il y a  une crime atypique. Dans la nuit du 28 au 29 mai 1973, un couple d'amoureux est tué par balles, près du cimetière de Laigneville. Ce double meurtre chiffonne l'inspecteur Daniel Neveu, qui, depuis 1974, a repris l'affaire des meurtres de Nogent à zéro.

 


         (Daniel Neveu dans les années 2000)

 

Ce jeune fonctionnaire, entré dans la Police Nationale juste avant mai 1968, va apporter un éclairage nouveau à l'enquête. Neveu s'aperçut que le double meurtre du cimetière ne collait pas avec le modus operandi habituel du tueur, qui s'en prenait aux femmes seules. Or, cette fois-ci, un homme avait été occis, avec sa compagne. Il émit l'hypothèse que ce forfait était une "crime d'opportunité". Le tueur était allé se recueillir sur la tombe d'un proche, au cimetière de Laigneville et avait profité de l'aubaine de ce couple isolé, pour effectuer son macabre forfait. L'inspecteur fit relever tous les noms du cimetière pour croiser les informations avec d'autres fichiers, celui des habitants de Nogent, des suspectés et ceux qui avaient déjà eu des problèmes avec la justice, car Neveu était persuadé que l'assassin était d'abord un voleur, qui avait déjà eu des démêlés avec la justice. Ces recherches laborieuses permirent de dresser une liste de 30 noms dont un certain Marcel Barbeault, 35 ans, mari, père et ouvrier modèle. Barbeault allait souvent se recueillir sur la tombe de sa mère au cimetière de Laigneville et avait déjà eu, par le passé, des problèmes avec la justice pour des cambriolages. Le 14 décembre 1976, une perquisition est effectuée au domicile du suspect. La police mit la main sur un fusil 22 long rifle qui, après analyse balistique, se révéla être l'arme des 8 crimes. Les enquêteurs s'aperçurent aussi que chaque fois que les forfaits étaient commis, Barbeault ne travaillait pas, il était où en vacances ou en RTT. Le suspect nia les faits qui lui étaient reprochés, affirmant qu'il avait trouvé ce fusil dans une cabane ...Peu loquace avec les policiers, puis avec son avocat, Maître Jean-Louis Pelletier,  Marcel Barbeault resta une énigme. L'élément déclencheur de sa série meurtrière fut certainement le décès de sa mère adorée, en 1968, mais les psychiatres n'ont pu déchiffrer le mystère de ce serial-killer à l'apparence si banale.

Le 25 mai 1981, juste après l'élection de François Mitterrand, Marcel Barbeault fut jugé à la cour d'assise de Beauvais et condamné à la prison à perpétuité. Rejugé en 1983, il prit la même peine et est toujours emprisonné aujourd'hui.

L'inspecteur Daniel Neveu qui résolut cette affaire en vrai profiler, à l'époque où le profilage des serial-killer n'existait pas,  fut aussi un des acteurs principaux de l'enquête sur le  "tueur de l'Oise", le gendarme Alain Lamare. Et encore une fois, il eut la bonne intuition, celle que ce tueur faisait partie des forces de l'ordre, mais c'est une autre histoire.

 

Faites entrer l'accusé sur l'affaire Barbeault.

 


 

 

 


05/10/2015
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CARY STAYNER, LE TUEUR DE YOSEMITE PARK.

 

Cary Stayner, né en 1961,  a grandi à Merced, en Californie. En 1972, son jeune frère Steven disparaît et ne réapparaîtra que 7 ans plus tard, en 1980, s'échappant des griffes du pédophile Kenneth Parnnell, emmenant avec lui le jeune Timothy White, dernière victime du prédateur. Curieusement, Parnell ne fut condamné qu'à 7 ans de prison, peine bien douce pour un kidnappeur et violeur d'enfants !! Cette histoire marqua l'Amérique, et Steven Stayner devint un héros, 


 

qui se tua en moto en 1989. La ville de Merced lui  rendit hommage avec ce bronze dédié à tous les enfants disparus.


 

Cary, son grand-frère, fut évidemment marqué par ce drame familial et vécut dans l'ombre de son petit-frère pendant longtemps. Artiste manqué, solitaire invétéré, Cary se fit engager en 1997, comme factotum, à l'hôtel Cedar Lodge, à El Portal, dans le Parc National Yosemite.


Discret et travailleur, Cary entamait une nouvelle vie proche de la nature qu'il avait toujours aimée.

En février 1999, 3 femmes, Carole Sund et sa fille Julie, accompagnée par Silvina Pelosso, disparaissent de la circulation alors qu'elle logeait au Cedar Lodge.


 

L'enquête du FBI ne donna rien et l'affaire se dirigeait doucement vers un "cold case". Mais 6 semaines après, une voiture carbonisée fut découverte dans le Park Yosemite, avec 2 corps dans le coffre, qui furent identifiés comme étant ceux de Caroline Sund et Silvina Pelosso. Mais aucune trace de  Julie Sund. Deux semaines plus tard, la police reçut une lettre anonyme avec un croquis représentant le lac artificiel de Don Pedro, avec une croix désignant l'endroit où le corps de Julie se trouvait. La jeune femme gisait bien là, elle avait été égorgée. Le FBI arrêta alors 3 toxicomanes de Modesto censés être les meurtriers, rassurant les habitants de la région.

Mais en juillet 1999, une autre femme fut déclarée disparue, Joie Armstrong, naturaliste travaillant pour le Yosemite Park et habitant sur place. Un corps décapité fut trouvé juste à côté de la maison de la scientifique, identifié rapidement comme celui de Joie.


 

Le FBI fit le rapprochement avec l'affaire des 3 femmes assassinées et les enquêteurs pensèrent à un tueur en série. Un pompier va alors donner une information capitale. Passant à côté du chalet, le jour de l'assassinat, il avait remarqué un 4x4 International Harvester Scout garé près de la maison, un véhicule assez rare. Listant le nombre de ces engins dans la région, le FBI trouva 2 personnes propriétaires de ce 4x4, dont le gardien du Cedar Lodge, Cary Stayner.


 

Homme sans problème, mormon, dessinateur hors-pair, l'individu est peu disert et les experts diagnostiqueront, plus tard,   un autisme de type "Asperger". L'agent du FBI, Jeff Rinek,


interpella Cary et l'interrogea. Rapidement, Stayner passa aux aveux, mis en confiance par Rinek. Il avoua qu'il était taraudé par des idées de meurtre depuis l'enfance et qu'il était l'assassin des 4 femmes.

Plaidant la folie pour échapper à la justice des hommes, il fut condamné à mort en 2002, et attend son exécution dans le couloir de la mort de la prison de San Quentin.

Voici l'histoire de Cary Stayner, la victime qui devint bourreau !

 



22/08/2015
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