Les grandes affaires criminelles.

Les grandes affaires criminelles.

SHEILA WYSOCKI, AU NOM D'ANGIE.

 

Le 12 octobre 1984, juste après les JO de Los Angeles, Sandra Wysocki, alors étudiante à Dallas, apprenait l'assassinat de sa meilleure amie, Angela Samota, sa colocataire. Violée, elle avait reçu 18 coups de couteau !!

 


 

Comme aucune effraction n'est constatée dans l'appartement, la police texane soupçonna l'entourage de la jeune femme. L'ex-petit ami et le petit ami d'Angie furent rapidement innocentés mais un ami, Russell Buchanan,  dernière personne à l'avoir vu, fut fortement soupçonné. L'individu n'avait aucun alibi et son comportement était perçu comme suspect. Harcelé par la police de Dallas, le jeune homme ne craqua pas et finit par déguerpir de Dallas pour s'installer à l'étranger ! Le suspect principal s'étant envolé, les enquêteurs restèrent le bec dans l'eau et l'affaire Angela Samota tomba progressivement dans l'oubli.

20 ans plus tard, en 2004, Sheila Wysocki, meilleure amie d'Angie, mariée et mère de deux enfants, se persuada qu'il fallait qu'elle retrouve l'assassin. Elle harcela au téléphone la police de Dallas, pour les persuader de rouvrir l'enquête, mais sa requête fut ignorée pendant plusieurs années. Jusqu'au jour où 2 enquêteurs furent détachés pour s'occuper des "cold case", enquêteurs qui tombèrent sur la route de l'entêtée Sheila. Ils retrouvèrent, dans une ville boîte poussiéreuse, entreposée dans les tréfonds du commissariat de Dallas, les éléments récupérés sur la scène de crime. Et, 25 ans plus tard, il y avait des éléments biologiques (le sperme) qui étaient encore exploitables via une analyse ADN, méthode qui n'existait pas dans les années 80. Un profil génétique est identifiée, et, surprise, il matche dans la base de données des empreintes génétiques. L'assassin n'était pas Russell Bachanan, l'ami d'Angie, mais un violeur en série du nom de  Donald Bess, qui était en liberté conditionnelle à l'époque de l'assassinat.

 


 

Condamné à la prison à vie pour une agression sexuelle, 7 mois après l'assassinat d'Angela Samota, Donald Bess fut condamné à mort, en 2010, pour son forfait commis 26 ans plus tôt ! Sheila Wysocki a réussi son pari !

 

 

 

 


05/11/2016
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ROSS ULBRICHT, LE PABLO ESCOBAR DU NET.

 

Ross Ulbricht est un jeune américain qui est né en 1984 et  a grandi à Austin, dans une famille de la classe moyenne supérieure américaine. Enfance heureuse pour ce boy-scout qui adorait les activités en plein air. Diplômé en sciences physiques, il se spécialisa dans l'étude des cristaux à la Pennsylvania State University. Mais voilà que ce jeune chercheur s'intéressa aux idées politiques et plus particulièrement au courant "libertarien", qui prenait ses racines dans les idées de l'économiste autrichien Ludwig von Mieses, qui prônait une diminution drastique des actions étatiques, idéologie qui, aux USA, synthétise ultra-capitalisme et anarchisme. Décidé à créer sa propre entreprise, il délaisse son travail de chercheur et essaie de trouver une idée qu'il pourrait exploiter en tant qu'entrepreneur. Après quelques échecs, il a l'idée de créer un site internet où acheteurs et vendeurs pourraient faire des affaires dans l'anonymat le plus complet, en échappant à toute traçabilité. Ce fut la naissance de Silk Road ("La route de la soie") en 2011,  dont le logo était un caravanier sur son chameau. Pour garantir l'anonymat aux clients, Ulbricht se servit du projet TOR, un réseau informatique via un moteur de recherche qui garantissait l'anonymat aux utilisateurs et l'impossibilité de remonter à leur adresse IP. Pour les paiements, c'était le bitcoin qui était la règle, monnaie cryptographique utilisée sur le net et qui garantit, aussi, l'anonymat de son utilisateur, ce qui n'est pas le cas du paiement par carte de crédit. Le jeune américain gérait son site de son ordinateur portable, en prenant soin de se connecter dans des endroits publics, souvent dans des bibliothèques, et agissait sous le pseudo de Dread Pirate Roberts.

 



Rapidement, ce site de transaction devint le lieu préféré des dealers en tous genres, qui proposaient toutes les drogues possibles et imaginables en ligne. Ce commerce de drogue ne gênait nullement son créateur, puisqu'en tant que  libertarien, il pensait que l'Etat américain n'avait pas la légitimité pour l'interdire, les individus devant être libres de pouvoir consommer ce qu'ils veulent.  Devant le succès de Silk Road, véritable supermarché de la drogue en ligne, les autorités américaines détachèrent des agents du FBI et de la DEA pour découvrir l'identité de Dread Pirate Roberts. Mais Ulbricht, qui s'était installé dans un appartement en colocation à San Francisco, était invisible via le réseau TOR et vivait comme un "geek" dans la plus totale discrétion. Totalement investi dans son travail d'administrateur, obsédé par des personnes qui essayaient de pirater son site pour lui voler ses bitcoins, il demanda même à un de ses clients, un soi-disant trafiquant mexicain, en fait un agent du FBI, d'assassiner un  hacker !! L'ancien "boy scout", obsédé par sa réussite, se transformait petit à petit en chef de cartel ! L'identification d'Ulbricht se fit, après deux ans de recherche. Un enquêteur qui parcourait des forums centrés sur la consommation de stupéfiants, tomba sur une adresse mail qui était relié à Silk Road, reliquat oublié de l'époque où Ulbricht faisait de la promotion pour son site. L'adresse amena les agents du FBI à un certain Ross Ulbricht, domicilié à San Francisco. Pendant quelques jours, 10 agents surveillèrent les faits et gestes du jeune homme, et le 2 octobre 2013, Ulbricht fut arrêté dans une bibliothèque, en flagrant délit de gestion de son compte admin sur son portable ! En deux ans d'exploitation, il s'était enrichi de 80 millions de $ !

Accusé de 7 charges, reconnu coupable par le jury de la cour fédérale de Manhattan, il fut condamné à la prison à vie sans possibilité de liberté conditionnelle.

 



16/09/2016
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NOËL 2011: MASSACRE DANS LES QUARTIERS NORD.

 

Dans la nuit du 25 au 26 décembre 2011, une voiture calcinée avec 3 corps à l'intérieur est découverte par la police, aux Pennes-Mirabeau, un village au nord de Marseille. Les trois cadavres sont identifiés comme étant ceux de Sonny Albarello, 20 ans, Mohammed Bouhebel et Nouri Oualan, 19 ans, connus des services de police pour des affaires de stupéfiants. L'autopsie révéla que les jeunes avaient été tués par balles avant d'être brûlés dans un "barbecue marseillais" dans leur Audi A3. La police est rapidement sur la piste d'un règlement de compte entre trafiquants de drogue, surtout que quelques jours avant, Mohammed Bouhebel avait été contrôlé habillé d'un gilet pare-balles, expliquant aux policiers qu'il se sentait menacé ! Les 3 trucidés habitaient la cité des Micocouliers, dans les quartiers Nord de Marseille, près de la cité de Bassens.

 


 

Rapidement, les enquêteurs vont mettre à jour une querelle de territoire entre deux bandes. Sonny Albarello et ses deux amis, travaillaient pour un certain Samy Ati, qui contrôlait le trafic de stupéfiants à et autour de la cité Bassens. Or, les trois jeunes, fans de Tony Montana, voulurent voler de leurs propres ailes et s'émanciper de la tutelle du caïd, pour toucher les bénéfices de la vente de stups aux Micocouliers. Quelques mois avant, Ati avait reçu une volée de balles dans les jambes de la part de Sonny. Aussi avait-il émis un contrat sur la tête des trois jeunes, pour se venger et pour punir les récalcitrants. Apparemment, le contrat de 150 000 € aurait séduit deux trafiquants de Bassens, les frères Laribi, Lamine et Mehdi.

Le 25 décembre 2011, les trois dealers munis de 60 000 € vinrent se ravitailler à Bassens auprès des deux hommes qu'ils connaissaient bien. D'après les témoignages, Mehdi serait monté dans l'Audi A3 pour conclure le deal et en aurait profité pour exécuter les trois hommes, dans la voiture pour brûler les cadavres peu après.

Mais cette fois-ci, l'horreur du crime a délié les langues et a rompu l'omerta des cités. Des témoignages des proches ont mis la police sur la piste des frères Laribi, avec qui les trois jeunes avaient rendez-vous le soir du 25 décembre, d'après la soeur d'un des tués. Le téléphone portable d'un des frères a aussi borné aux Pennes-Mirabeau, dans la nuit du 25 au 26, prouvant que les deux suspects étaient dans la zone où la voiture a été carbonisée.

En décembre 2015, le procès des 3 suspects, Samy, le commanditaire et les frères Laribi, leur bras armé, a eu lieu à la cour d'assise d'Aix-en-Provence.

 


 

 (Source : La Marseillaise)

Ils furent reconnus coupables et  condamnés à une peine de 25 ans de prison avec une période de sûreté des 2/3.

 

Emblématique de l'hyper-violence qui gangrène la cité phocéenne, pour contrôler le trafic de stupéfiants, ce procès est aussi l'amer constat de l'impuissance des pouvoirs publics face à cette dérive macabre. Les quartiers Nord de Marseille dévorent ses propres enfants et cette spirale infernale n'est pas prête de s'arrêter !

 


 


04/06/2016
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JOHN LIST: FAMILLE, JE VOUS HAIS !

 

John List , banquier de son métier, a réussi sa vie accédant à l'american way of life. Il a une femme, trois enfants, et une belle maison avec  une verte pelouse. Mais derrière cette façade de bonheur discret et de respectabilité, Johnny s'ennuie, il ne supporte plus sa mère qui s'empiffre et passe son temps à prier,  sa femme alcoolique qui commence à dérailler, et ses trois enfants qui l'envoient bouler ! De plus, il est perclus de dette et la banque vient de le licencier, ce qu'il cache à sa famille en faisant semblant d'aller bosser tous les matins, un peu comme Jean-Claude Romand, le mythomane de Ferney-Voltaire. Le 9 novembre 1971, il va péter une durite ! Il tue d'abord sa mère, puis sa femme, avec une arme à feu. Il occis deux de ses enfants au retour de l'école. Enfin, après être allé voir le match de foot de son dernier, il le massacre au retour à la maison. Dans une lettre à son pasteur, il écrivit que ce monde était satanique et qu'il a voulu sauver les âmes des siens. A première vue, on pourrait penser que l'homme  a massacré sa famille sur un coup de folie, mais le "modus operandi" prouvait plutôt le contraire. Ces assassinats étaient prémédités puisque John List disparu presque à jamais ! 

18 ans plus tard, l'émission télévisée America's Most Wanted, évoqua l'affaire John List devant le public américain et un habitant de Richmond, reconnut son voisin comme étant l'assassin. Le 1er juin 1989, List fut arrêté. L'homme avait refait sa vie à Denver, sous le nom de Bob Clark et il se maria avec Dolores Miller, une adepte de son église luthérienne.

Jugé en 1990, il fut condamné à 5 peines de prison à vie. Il fit appel du jugement, mettant son action meurtrière sur un trouble de stress post-traumatique, causé par sa participation à la seconde guerre mondiale et à la guerre de Corée, mais son argument fut rejeté. A la question de savoir pourquoi il ne s'était pas suicidé, il répondit que le suicide l'aurait empêché d'aller au paradis. Il est mort en prison en 2008. Cette histoire ressemble presque trait pour trait à celle de Dupont de Ligonnès.


07/04/2016
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TOSCANE SANGLANTE : LE MONSTRE DE FLORENCE.

 

Le sociologue français Salvatore Maugeri revient dans son livre "Toscane sanglante" ( le site de l'auteur où vous pouvez acheter le livre) sur le Monstre de Florence, serial-killer italien qui a terrorisé l'Italie dans les années 80. En effet, de 1981 à 1985, 7 couples sont sauvagement assassinés, la nuit, dans la campagne toscane, selon un modus operandi immuable. De jeunes amoureux, cherchant un peu de quiétude, pour leurs ébats amoureux, se font occire par balles, dans leur voiture, le tueur se livrant à des mutilations post-mortem. Le lien entre tous ces crimes ? Les balles, qui sont tirées par une même arme, un Beretta 70. Rapidement les enquêteurs relient ces crimes à 2 autres ...un couple tué en 1974 et un autre en 1968 !!! Toujours la même arme ! Cette série de crime incroyable, qui a eu peu d'échos en France, il faut dire qu'à la même époque, les journaux hexagonaux étaient saturés par l'affaire du petit Grégory, a donné lieu à une chasse à l'homme sans précédent, menée par une unité spéciale uniquement dédiée au Monstre. Mais comme le montre l'auteur, l'incompétence de certains enquêteurs et de quelques juges, la guerre des polices, a transformé cette enquête en une vaste farce juridico-policière qui désigne des coupables incertains, de quelques simplets de la Toscane profonde menés par un paysan lubrique, Pietro Pacciani à une piste satanique plutôt folklorique qui nous amène sur des théories conspirationnistes ubuesques ! Salvatore Maugeri, qui connaissait bien la dernière victime du Monstre, le français Jean-Michel Kraveichvili, assassiné avec sa compagne, 

 


 

dénoue avec clarté cet écheveau inextricable que fut l'enquête initiée par les polices italiennes, en dénonçant les turpitudes de ces dernières. Le Monstre n'a jamais été vraiment identifié mais ce mystère tient peut-être sa solution dans le double assassinat de 1968 et les investigations continuent. Ecoutez le passage de l'auteur, Salvatore Maugeri, à L'heure du crime, chez Jacques Pradel sur RTL : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-monstre-de-florence-7781598131


27/02/2016
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