Les grandes affaires criminelles.

Les grandes affaires criminelles.

COLD CASE.


L"AFFAIRE DU PETIT GREGORY REBONDIT, 33 ANS APRES !

 

L'assassinat du petit Grégory Villemin, retrouvé noyé dans la Vologne, les bras et les mains liés, le 16 octobre 1984, déchaîna les passions des médias. Car à Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges, les jalousies et les haines recuites sont la toile de fond de cette triste affaire. Les parents du petit Grégory, Jean-Marie et Christine Villemin, était victime depuis quelques temps d'un corbeau, qui menaçait l'intégrité du couple via des lettres anonymes et des coups de téléphone. Juste après la découverte du cadavre du garçonnet, les parents meurtris recevaient une dernière lettre se réjouissant de la mort de l'enfant.

Rapidement, les gendarmes eurent des informations vitales par  Murielle Bolle, qui accusa Bernard Laroche, le cousin du père de Grégory,  d'être l'assassin, ce qui lui valut une mise en examen par le juge Jean-Michel Lambert. Mais un vice de procédure par la faute du "petit juge"

 


 

rendit l'accusation caduque et Bernard Laroche fut libéré en février 1985. Jean-Marie, le père, fou de douleur, se fit alors justice lui-même, tuant Laroche d'un coup de fusil, un mois après.

La suite ne fut pas glorieuse pour la justice française qui, comme dans l'affaire Dominici, se perdit dans les méandres de la Vologne, entre rumeurs médiatiques et faux-témoignages, qui obscurcirent l'enquête et amena même à l'inculpation de la mère de Grégory, Christine Villemin !

 


 

Bénéficiant d'un non lieu, en 1993, Christine et son mari Jean-Marie retournèrent dans l'anonymat et l'affaire dans l'oubli. Mais les parents n'abandonnèrent jamais l'espoir de connaître l'assassin de leur enfant et l'enquête est réouverte en 2000, pour des expertises ADN qui ne donneront rien.

En 2008, le capitaine Sesmat, gendarme qui fut le premier enquêteur sur cette affaire, parti à la retraite, sortit un livre "Les deux affaires Grégory"

 


 

où il régla ses comptes avec le juge Lambert, qualifié d'incompétent et livra sa vérité. Il désignait Bernard Laroche comme le coupable. Les dysfonctionnements de l'Etat sont d'ailleurs condamnés par la justice et les époux Villemin sont indemnisés, en 2004.

Coup de théâtre 33 ans après ! Les époux Jacob, sont mis en examen, le 16 juin 2017, à Dijon. Marcel Jacob, grand-oncle de Grégory et sa femme, Jacqueline, sont soupçonnés d'être les corbeaux qui menaçaient les époux Villemin via des lettres anonymes. Des analyses graphologiques ont désigné Jacqueline comme le corbeau de mauvais augure, grande-tante du garçonnet assassiné qui a gardé le silence, durant sa garde-à-vue ...un aveu de culpabilité ? De plus, le couple Jacob, très lié à Bernard Laroche, avait des relations exécrables avec Jean-Marie Villemin dont il jalousait la réussite sociale. On peut s'étonner que ce couple soit passé entre les gouttes, pendant plus de 30 ans et l'épilogue de cette triste affaire est peut-être en train de se jouer, aujourd'hui.

 


 

 


17/06/2017
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L'AFFAIRE KEVIN LEE GREEN : 16 ANS DE PRISON POUR RIEN.

 

Le 30 septembre 1979, Diana Green était sauvagement agressée  à son domicile d'Orange County, en Californie. Violée et violemment frappée, elle est dans un état critique lorsque son mari, Kevin, la découvrit, ensanglantée, dans le lit conjugal. Il avertit la police et les secours qui arrivèrent et eurent le temps de la sauver, mais la jeune femme, enceinte, va perdre son futur enfant et va garder des séquelles neurologiques sérieuses qui eurent des conséquences gravissimes pour ...le mari ! Car la police va rapidement suspecter Kevin Lee Green, le compagnon de la suppliciée. Des voisins vont témoigner avoir entendu une violente dispute entre les deux époux, le soir de l'agression. Les enquêteurs vont donc naturellement suspecter le conjoint de la victime. Ce dernier clame son innocence. Il confirme la dispute avec sa femme, mais il indique aussi que pour se calmer, il est sorti pour aller manger un hamburger. Lorsqu'il est revenu, il a trouvé sa femme à moitié morte dans son lit. Malgré le fait que le suspect passa victorieusement au "détecteur de mensonge", Kevin Lee Green est arrêté le 2 octobre 1979, suspecté d'avoir agressé sa femme. Cette dernière, victime d'amnésie, ne désigne pas moins son mari comme son agresseur ! A l'époque, les analyses ADN n'existant pas, impossible d'analyser le liquide séminal retrouvé sur la jeune femme et le compte est bon pour Kevin Lee Green ! En novembre 1980, reconnu coupable,  il est condamné par une cour à une peine allant de 15 ans à la prison à vie sur le témoignage d'un seul témoin oculaire, sa femme, qui n'a plus toute sa tête !!

C'est à partir de 1987, que les analyses ADN pour les enquêtes policières sont devenues possibles. Elles restaient, au début, très chères, et le prisonnier Kevin Lee Green n'avait pas les moyens de s'en payer une pour s'innocenter ! Mais avec cette nouvelle technologie, certaines affaires abandonnées, les fameux "Cold case" sont réouvertes par la police. Or, en 1979, à Orange County, lieu de l'agression de Diana Green, une série de viols avait été commise selon le même "modus operandi", le violeur agressant les jeunes femmes dans leur chambre, ce qui lui avait valu le surnom de "bourreau des chambres". La police, avec l'analyse ADN s'aperçut que cette série de viols était faite par un seul et même individu et que le violeur de Diana Green n'était pas le mari, mais un certain Gérald Parker, déjà incarcéré pour le viol d'une mineure.

 


 

Interrogé par la police, Parker avoua l'agression de Diana Green. Traînant dehors,  Il avait entendu, cette soirée de 1979, la dispute des deux époux et avait assisté au départ de Kevin du domicile familial. Il en avait profité pour agresser son épouse. Il reconnut qu'il savait que le mari avait été accusé à tort.

Avec la preuve ADN le disculpant et les aveux du violeur, Kevin Lee Green fut libéré en 1996,

 


 

et l'Etat de Californie, en 1999, le dédommagea d'une somme de 620 000 $ pour ses 16 ans passé en prison, à tort. Gerald Parker, lui, a été rejugé en 1999 pour la série de viols commise en 1979, il a été condamné à la peine capitale et attend toujours son exécution dans le couloir de la mort.

(Source: Les enquêtes impossible, 2013, épisode "Mauvais témoin").


02/02/2017
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SHEILA WYSOCKI, AU NOM D'ANGIE.

 

Le 12 octobre 1984, juste après les JO de Los Angeles, Sandra Wysocki, alors étudiante à Dallas, apprenait l'assassinat de sa meilleure amie, Angela Samota, sa colocataire. Violée, elle avait reçu 18 coups de couteau !!

 


 

Comme aucune effraction n'est constatée dans l'appartement, la police texane soupçonna l'entourage de la jeune femme. L'ex-petit ami et le petit ami d'Angie furent rapidement innocentés mais un ami, Russell Buchanan,  dernière personne à l'avoir vu, fut fortement soupçonné. L'individu n'avait aucun alibi et son comportement était perçu comme suspect. Harcelé par la police de Dallas, le jeune homme ne craqua pas et finit par déguerpir de Dallas pour s'installer à l'étranger ! Le suspect principal s'étant envolé, les enquêteurs restèrent le bec dans l'eau et l'affaire Angela Samota tomba progressivement dans l'oubli.

20 ans plus tard, en 2004, Sheila Wysocki, meilleure amie d'Angie, mariée et mère de deux enfants, se persuada qu'il fallait qu'elle retrouve l'assassin. Elle harcela au téléphone la police de Dallas, pour les persuader de rouvrir l'enquête, mais sa requête fut ignorée pendant plusieurs années. Jusqu'au jour où 2 enquêteurs furent détachés pour s'occuper des "cold case", enquêteurs qui tombèrent sur la route de l'entêtée Sheila. Ils retrouvèrent, dans une ville boîte poussiéreuse, entreposée dans les tréfonds du commissariat de Dallas, les éléments récupérés sur la scène de crime. Et, 25 ans plus tard, il y avait des éléments biologiques (le sperme) qui étaient encore exploitables via une analyse ADN, méthode qui n'existait pas dans les années 80. Un profil génétique est identifiée, et, surprise, il matche dans la base de données des empreintes génétiques. L'assassin n'était pas Russell Bachanan, l'ami d'Angie, mais un violeur en série du nom de  Donald Bess, qui était en liberté conditionnelle à l'époque de l'assassinat.

 


 

Condamné à la prison à vie pour une agression sexuelle, 7 mois après l'assassinat d'Angela Samota, Donald Bess fut condamné à mort, en 2010, pour son forfait commis 26 ans plus tôt ! Sheila Wysocki a réussi son pari !

 

 

 

 


05/11/2016
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Confondu par son ADN, 22 ans après son forfait.

 (Source: Le Parisien)

Saïda Berch, 10 ans et Sarah Syad, 6 ans, avaient toutes les deux été enlevées dans une cité de Voreppe, petite ville de l'Isère,  il y a 22 ans. Sarah avait été kidnappée en avril 1991, retrouvée le lendemain, étranglée. La fillette avait subi des violences sexuelles et des mouchoirs souillés de sperme avait été trouvés à côté de la petite victime. 

Saïda disparut en novembre 1996, retrouvée dans un canal d'irrigation, deux jours plus tard. Le petite fille n'avait pas été violée, mais les enquêteurs avaient trouvé, sur la scène de crime, un magazine pornographique souillé de liquide séminal.

Le meurtrier avait donc laissé des traces d'ADN dans les deux affaires. 20 ans plus tard, après une analyse des traces de liquide séminal que le tueur avait laissé sur des mouchoirs et sur un magazine porno, le profil ADN de l'assassin avait pu être obtenu, et il était le même dans les deux cas.

Les gendarmes ont donc vérifié si un ADN identique se trouvait dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques, le FNAEG, et là, bingo ! Le profil ADN correspondait à un voisin des fillettes (ses empreintes génétiques avaient été rentrées dans le fichier après un cas de délinquance routière), qui en 1991 avait 16 ans et était un ami des enfants des deux familles. Interrogé, à l'époque, il avait été mis hors de cause.

Ce cas démontre encore la pertinence et l'efficacité de ce fichier national automatisé des empreintes génétiques, crée par la loi Guigou, en 1998, suite à l'affaire du "tueur de l'est parisien", un certain Guy Georges. Le critère d'inscription à ce fichier sont précisé par la CNIL :

"L'enregistrement des empreintes ou traces est réalisé dans le cadre d'une enquête pour crime ou délit, d'une enquête préliminaire, d'une commission rogatoire ou de l'exécution d'un ordre de recherche délivré par une autorité judiciaire".

 

L'empreinte génétique est conservée 40 ans pour les personnes condamnées ou disparues et 25 ans pour les autres. Au 31 août 2012, le FNAEG contenait 2 039 874 profils génétiques.

Ce fichier a souvent été stigmatisé comme un flicage général de la population. C'est toute la problématique des rapports entre la liberté et la sécurité que pose ce fichier. Personnellement, et dans le cadre d'un régime démocratique, encadré par des procédures d'utilisation, ce fichier ne me pose pas de problèmes et il permet de résoudre de nombreuses affaires et donc de sauver de nombreuses vies. Mais la réflexion de Xavier Renou, fondateur des désobéissants,  relève aussi du bon sens !

 



25/07/2013
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