Les grandes affaires criminelles.

Les grandes affaires criminelles.

SERIAL KILLER


TOSCANE SANGLANTE : LE MONSTRE DE FLORENCE.

 

Le sociologue français Salvatore Maugeri revient dans son livre "Toscane sanglante" ( le site de l'auteur où vous pouvez acheter le livre) sur le Monstre de Florence, serial-killer italien qui a terrorisé l'Italie dans les années 80. En effet, de 1981 à 1985, 7 couples sont sauvagement assassinés, la nuit, dans la campagne toscane, selon un modus operandi immuable. De jeunes amoureux, cherchant un peu de quiétude, pour leurs ébats amoureux, se font occire par balles, dans leur voiture, le tueur se livrant à des mutilations post-mortem. Le lien entre tous ces crimes ? Les balles, qui sont tirées par une même arme, un Beretta 70. Rapidement les enquêteurs relient ces crimes à 2 autres ...un couple tué en 1974 et un autre en 1968 !!! Toujours la même arme ! Cette série de crime incroyable, qui a eu peu d'échos en France, il faut dire qu'à la même époque, les journaux hexagonaux étaient saturés par l'affaire du petit Grégory, a donné lieu à une chasse à l'homme sans précédent, menée par une unité spéciale uniquement dédiée au Monstre. Mais comme le montre l'auteur, l'incompétence de certains enquêteurs et de quelques juges, la guerre des polices, a transformé cette enquête en une vaste farce juridico-policière qui désigne des coupables incertains, de quelques simplets de la Toscane profonde menés par un paysan lubrique, Pietro Pacciani à une piste satanique plutôt folklorique qui nous amène sur des théories conspirationnistes ubuesques ! Salvatore Maugeri, qui connaissait bien la dernière victime du Monstre, le français Jean-Michel Kraveichvili, assassiné avec sa compagne, 

 


 

dénoue avec clarté cet écheveau inextricable que fut l'enquête initiée par les polices italiennes, en dénonçant les turpitudes de ces dernières. Le Monstre n'a jamais été vraiment identifié mais ce mystère tient peut-être sa solution dans le double assassinat de 1968 et les investigations continuent. Ecoutez le passage de l'auteur, Salvatore Maugeri, à L'heure du crime, chez Jacques Pradel sur RTL : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-monstre-de-florence-7781598131


27/02/2016
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MARCEL BARBEAULT, LE TUEUR DE L'OMBRE.

 

Du 10 janvier 1969 à fin janvier 1976, 7 femmes et un homme vont être victimes d'un tueur, à Nogent-sur-Oise. Un homme grand et fort s'introduit chez des femmes seules, les tue d'une balle de 22 long rifle dans la tête, les déshabille, vole leur sac et prend la fuite.  Une victime a réussi à s'enfuir et a pu donner des détails sur la silhouette du tueur ainsi qu'un portrait-robot très imparfait, puisque l'assassin avait le visage caché.

 


 

La police a retrouvé un sac sur les lieux d'un des crimes, une sorte de porte-casse-croûte assez répandu dans les milieux ouvriers.

Le modus operandi semble être toujours le même avec la  neutralisation/mise à mort/déshabillage/vol. Mais dans cette série, il y a  une crime atypique. Dans la nuit du 28 au 29 mai 1973, un couple d'amoureux est tué par balles, près du cimetière de Laigneville. Ce double meurtre chiffonne l'inspecteur Daniel Neveu, qui, depuis 1974, a repris l'affaire des meurtres de Nogent à zéro.

 


         (Daniel Neveu dans les années 2000)

 

Ce jeune fonctionnaire, entré dans la Police Nationale juste avant mai 1968, va apporter un éclairage nouveau à l'enquête. Neveu s'aperçut que le double meurtre du cimetière ne collait pas avec le modus operandi habituel du tueur, qui s'en prenait aux femmes seules. Or, cette fois-ci, un homme avait été occis, avec sa compagne. Il émit l'hypothèse que ce forfait était une "crime d'opportunité". Le tueur était allé se recueillir sur la tombe d'un proche, au cimetière de Laigneville et avait profité de l'aubaine de ce couple isolé, pour effectuer son macabre forfait. L'inspecteur fit relever tous les noms du cimetière pour croiser les informations avec d'autres fichiers, celui des habitants de Nogent, des suspectés et ceux qui avaient déjà eu des problèmes avec la justice, car Neveu était persuadé que l'assassin était d'abord un voleur, qui avait déjà eu des démêlés avec la justice. Ces recherches laborieuses permirent de dresser une liste de 30 noms dont un certain Marcel Barbeault, 35 ans, mari, père et ouvrier modèle. Barbeault allait souvent se recueillir sur la tombe de sa mère au cimetière de Laigneville et avait déjà eu, par le passé, des problèmes avec la justice pour des cambriolages. Le 14 décembre 1976, une perquisition est effectuée au domicile du suspect. La police mit la main sur un fusil 22 long rifle qui, après analyse balistique, se révéla être l'arme des 8 crimes. Les enquêteurs s'aperçurent aussi que chaque fois que les forfaits étaient commis, Barbeault ne travaillait pas, il était où en vacances ou en RTT. Le suspect nia les faits qui lui étaient reprochés, affirmant qu'il avait trouvé ce fusil dans une cabane ...Peu loquace avec les policiers, puis avec son avocat, Maître Jean-Louis Pelletier,  Marcel Barbeault resta une énigme. L'élément déclencheur de sa série meurtrière fut certainement le décès de sa mère adorée, en 1968, mais les psychiatres n'ont pu déchiffrer le mystère de ce serial-killer à l'apparence si banale.

Le 25 mai 1981, juste après l'élection de François Mitterrand, Marcel Barbeault fut jugé à la cour d'assise de Beauvais et condamné à la prison à perpétuité. Rejugé en 1983, il prit la même peine et est toujours emprisonné aujourd'hui.

L'inspecteur Daniel Neveu qui résolut cette affaire en vrai profiler, à l'époque où le profilage des serial-killer n'existait pas,  fut aussi un des acteurs principaux de l'enquête sur le  "tueur de l'Oise", le gendarme Alain Lamare. Et encore une fois, il eut la bonne intuition, celle que ce tueur faisait partie des forces de l'ordre, mais c'est une autre histoire.

 

Faites entrer l'accusé sur l'affaire Barbeault.

 


 

 

 


05/10/2015
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CARY STAYNER, LE TUEUR DE YOSEMITE PARK.

 

Cary Stayner, né en 1961,  a grandi à Merced, en Californie. En 1972, son jeune frère Steven disparaît et ne réapparaîtra que 7 ans plus tard, en 1980, s'échappant des griffes du pédophile Kenneth Parnnell, emmenant avec lui le jeune Timothy White, dernière victime du prédateur. Curieusement, Parnell ne fut condamné qu'à 7 ans de prison, peine bien douce pour un kidnappeur et violeur d'enfants !! Cette histoire marqua l'Amérique, et Steven Stayner devint un héros, 


 

qui se tua en moto en 1989. La ville de Merced lui  rendit hommage avec ce bronze dédié à tous les enfants disparus.


 

Cary, son grand-frère, fut évidemment marqué par ce drame familial et vécut dans l'ombre de son petit-frère pendant longtemps. Artiste manqué, solitaire invétéré, Cary se fit engager en 1997, comme factotum, à l'hôtel Cedar Lodge, à El Portal, dans le Parc National Yosemite.


Discret et travailleur, Cary entamait une nouvelle vie proche de la nature qu'il avait toujours aimée.

En février 1999, 3 femmes, Carole Sund et sa fille Julie, accompagnée par Silvina Pelosso, disparaissent de la circulation alors qu'elle logeait au Cedar Lodge.


 

L'enquête du FBI ne donna rien et l'affaire se dirigeait doucement vers un "cold case". Mais 6 semaines après, une voiture carbonisée fut découverte dans le Park Yosemite, avec 2 corps dans le coffre, qui furent identifiés comme étant ceux de Caroline Sund et Silvina Pelosso. Mais aucune trace de  Julie Sund. Deux semaines plus tard, la police reçut une lettre anonyme avec un croquis représentant le lac artificiel de Don Pedro, avec une croix désignant l'endroit où le corps de Julie se trouvait. La jeune femme gisait bien là, elle avait été égorgée. Le FBI arrêta alors 3 toxicomanes de Modesto censés être les meurtriers, rassurant les habitants de la région.

Mais en juillet 1999, une autre femme fut déclarée disparue, Joie Armstrong, naturaliste travaillant pour le Yosemite Park et habitant sur place. Un corps décapité fut trouvé juste à côté de la maison de la scientifique, identifié rapidement comme celui de Joie.


 

Le FBI fit le rapprochement avec l'affaire des 3 femmes assassinées et les enquêteurs pensèrent à un tueur en série. Un pompier va alors donner une information capitale. Passant à côté du chalet, le jour de l'assassinat, il avait remarqué un 4x4 International Harvester Scout garé près de la maison, un véhicule assez rare. Listant le nombre de ces engins dans la région, le FBI trouva 2 personnes propriétaires de ce 4x4, dont le gardien du Cedar Lodge, Cary Stayner.


 

Homme sans problème, mormon, dessinateur hors-pair, l'individu est peu disert et les experts diagnostiqueront, plus tard,   un autisme de type "Asperger". L'agent du FBI, Jeff Rinek,


interpella Cary et l'interrogea. Rapidement, Stayner passa aux aveux, mis en confiance par Rinek. Il avoua qu'il était taraudé par des idées de meurtre depuis l'enfance et qu'il était l'assassin des 4 femmes.

Plaidant la folie pour échapper à la justice des hommes, il fut condamné à mort en 2002, et attend son exécution dans le couloir de la mort de la prison de San Quentin.

Voici l'histoire de Cary Stayner, la victime qui devint bourreau !

 



22/08/2015
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RUSSELL WILLIAMS, LE COLONEL SERIAL-KILLER.

 

Russell Williams avait des états de service militaire remarquables. Engagé dans les forces armées canadiennes en 1987, pilote d'avion émérite, l'homme va connaître une ascension foudroyante, couronnée par son grade de Colonel, en 2005 et sa nomination à la tête de la base militaire de Trenton , en Ontario. A 42 ans, Williams est un des éléments les plus prometteurs de l'armée canadienne, promis au grade suprême de général. Marié à  Mary Elisabeth Harriman depuis 1991, notre officier supérieur est comblé sur le plan personnel et professionnel, apprécié de ses subordonnés comme de ses voisins pour sa professionnalisme et sa gentillesse. 

Le 25 novembre 2009, la caporale Marie-France Comeau, qui travaillait sur la base de Trenton

 


 

est retrouvée morte à son domicile. Elle a été agressée sexuellement et étranglée. L'enquête ne permet pas de retrouver le coupable. Le colonel Williams, son supérieur hiérarchique, rendit un hommage public à la jeune femme, et demanda à la police canadienne de le tenir au courant de l'enquête.

Le 28 janvier 2010, Jessica Lloyd, une jeune femme habitant près de la base de Trenton, disparaît de son domicile sans laisser de traces.


 

La police releva, autour de la maison, des traces de pneus et de pas, imprimées sur la neige. Un automobiliste qui était passé près de la maison, dans la nuit du 24 au 25, se rappela de la présence d'un 4x4 Nissan et en informa les policiers. Décidée a retrouvé rapidement le coupable, la police eut l'idée d'effectuer des barrages routiers, autour de la résidence de la jeune femme disparue, et de vérifier les pneus des véhicules arrêtés. A volant de sa Nissan Pathfinder, le colonel Russell Williams, allant au travail, se fit arrêter par un de ces barrages routier. Les policiers remarquèrent que le 4x4, de la même marque que celui vu, le soir de la disparition, par un automobiliste, avait des pneus de la même marque et de la même structure que ceux retrouvés imprimés dans la neige, près de la résidence de la disparue. Interrogé par la police le 7 février 2010, les policiers vont être sidérés par les aveux du colonel canadien. Outre qu'il avoua le meurtre et le viol de Marie-France Comeau et de Jessica Lloyd, Williams reconnut qu'il avait photographié les victimes et filmé leur mise à mort !! Violeur, tortionnaire et tueur, le colonel était aussi un collectionneur fétichiste de dessous féminins, qu'il volait au gré de ses ballades nocturnes, et se photographiant, les portant.

 


 

L'effroi gagna les amis et connaissances de Russell Williams, qui avait camouflé sa double vie pendant tant d'années, et passait  du statut de militaire brillant à celui de serial-killer sadique dégénéré !


 

Expulsé de l'armée en 2010, déchu de ses nombreuses médailles militaires, le brillant colonel Williams passera le reste de sa vie en prison, puisqu'il plaida coupable à son procès des 82 chefs d'accusation le concernant.

Voici un documentaire sur l'effroyable et énigmatique colonel Williams, un tueur si proche !

 



01/12/2014
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Oba Chandler, le monstre de Tampa.

Le 4 juin 1989, trois corps féminins sont retrouvés, nues, flottants dans la Baie de Tampa Bay, aux Etats-Unis. La femme adulte et les deux adolescentes ne purent être identifiées, mais il est clair qu'elles avaient été assassinées, puisque elles avaient les pieds et les poings liés et qu'un bloc de béton d'une dizaine de kilo était attaché à leurs cous. Leur nudité semblait indiquer qu'elles avaient subi des agressions sexuelles. L'autopsie démontra qu'elles avaient été jetées vivantes dans l'eau, et qu'elles avaient péri noyées, de l'eau remplissant les poumons. Rapidement, un coup de fil d'un hôtelier du coin à la police,  qui n'avait pas vu revenir ses clientes depuis 3 jours, confirma l'identification des 3 victimes. Il s'agissait de Joan Rogers, 36 ans et de ses deux filles, Michelle, 17 ans et Christe, 14 ans.

 


 

Les trois femmes étaient parties de Willshire, village de l'Ohio, pour passer des vacances en Floride, laissant leur père et mari, propriétaire d'une laiterie, et incapable de se libérer.

Un temps soupçonné, Jo Rogers fut rapidement innocenté, l'homme n'ayant pas quitté sa laiterie de la semaine.

Dans leur chambre d'hôtel bien rangé, les enquêteurs ne découvrirent rien de particulier. Par contre, près de l'embarcadère, sur le port de plaisance, les policiers mirent la main sur la voiture des trois femmes. L'habitacle ne révéla rien de particulier, sauf un prospectus où apparaissait deux écritures distinctes. Un court message indiquait l'embarcadère et l'indication blanc/bleu, un autre, était un itinéraire menant à l'hôtel des trois femmes.

La graphologue du FBI reconnut l'écriture de Joan Rogers pour  le court message concernant l'embarcadère, mais l'autre message, indiquant une direction, n'avait été écrit par aucun membre de la famille et avait donc été écrit par un inconnu, certainement le meurtrier.  Une empreinte de paume de main est révélée au test de la Nihydrine, elle n'appartient à aucune des 3 victimes.

Les policiers disposaient donc de peu d'indices et firent une campagne d'affichage dans la ville, avec une récompense de 25 000 $ pour toute information.

 


 

Les enquêteurs furent informés, par l'université de Tampa, que les corps, qui étaient restés immergés trois jours dans l'eau, remontèrent à la surface à cause des gaz produits par la décomposition des chairs. Et que selon les courants traversant  la baie, ils avaient été jetés à l'eau au milieu de celle-ci, et non pas du littoral ou d'un pont. Ces informations éclairèrent les enquêteurs sur l'annotation "embarcadère" et "blanc/bleu", qui signifiait, certainement, que les trois femmes avaient eu un rendez-vous à l'embarcadère, avec un inconnu, qui disposait d'un bateau de couleur blanc/bleu. L'inconnu pouvait être l'auteur du deuxième message, écrit sur le prospectus retrouvé dans la voiture. Les policiers convoquèrent alors tous les propriétaires d'un bateau de couleur blanc/bleu, pour savoir si il y en avait un qui aurait eu des antécédents judiciaires. Mais rien ne fut trouvé et le seul suspect potentiel chez qui on avait retrouvé des cubes de béton, fut innocenté rapidement.

Une touriste canadienne relança l'affaire. Elle était allée porter plainte à la police de Tampa pour viol. Se baladant avec une amie sur le port, deux semaines avant le triple meurtre, un homme d'une quarantaine d'années leur avait proposé une ballade dans la baie, pour admirer le crépuscule.  Judith Blair avait accepté l'invite alors que son amie Barbara Mottram avait décliné la proposition. Elle avait pu se sauver, en pleine nuit, en se jetant à l'eau, pour nager jusqu'à la rive. La police put faire alors un portrait-robot de l'agresseur,

 


qu'elle fit diffuser dans les médias. Le modus vivendi du violeur ressemblait fort à l'affaire Joan Rogers. Mais personne ne reconnut le portrait et l'affaire commença à tomber dans l'oubli. Jusqu'à qu'un policier, en 1992, eut l'idée de faire placarder, dans la ville, le message écrit par l'inconnu, sur le prospectus,


avec le message:

"Si tu sais qui a écrit l'adresse ? Tu pourrais savoir qui a tué la famille Rogers !"

 

Ce fut la première fois, dans l'histoire des enquêtes criminelles, que la police se servait de l'écriture d'un inconnu pour trouver un coupable dans une campagne d'affichage ! Et, miracle, le procédé marcha !! En effet, une automobiliste habitant Tampa, Jo Ann Steffey, reconnut tout de suite l'écriture très caractéristique de l'inconnu, avec ses T majuscule, même au milieu des mots. C'est celle d'un entrepreneur, nommé Oba Chandler, qui lui a fait des travaux chez elle il y a peu, et qui lui a laissé un devis écrit. Avertissant la police, les deux écritures, celui du devis et celle présente sur le prospectus sont identifiées comme provenant de la même personne, un certain Oba Chandler.


 

 

Oba Chandler est un homme de 43 ans, père de 8 enfants avec 7 femmes différentes. L'homme a eu déjà à faire à la police pour des délits d'agressions sexuelles, pendant son adolescence. Il habite près de l'embarcadère, possédait un bateau de couleur blanc et bleu, vendu juste après la découverte des corps, et est clairement identifié comme l'auteur du message sur le prospectus. L'empreinte partielle de la paume retrouvée sur le papier correspond à la sienne. De plus, en vérifiant les appels radio de la nuit fatale, dans la zone de la baie,  la police arriva à identifier un message d'Oba Chandler à sa femme, pour lui annoncer qu'ayant une panne de moteur, il serait en retard ! L'homme était donc en mer, durant la nuit des meurtres.

 

Chandler est alors interpellé par la police, mais nie les faits. C'est alors qu'au cours d'un tapissage, la touriste canadienne reconnût formellement son agresseur, Oba Chandler !

 

Pour les enquêteurs, la journée fatale aurait pu se passer comme ça:

 

- Joan Rogers et ses deux filles se perdent en voiture, dans Tampa. Elle s'arrête pour demander l'adresse de leur hôtel à un inconnu, qui s'avéra être Oba Chandler.

 

- celui-ci leur indique la direction à prendre en écrivant sur un prospectus. (1ere erreur). Natif de l'Ohio, comme les trois femmes, il leur propose une ballade en mer au crépuscule, sur la baie. Elles acceptent, elles n'ont rien à craindre de ce charmant quadragénaire.

 

- le soir, les trois femmes retrouvent le bateau de couleur blanc/bleu, de Chandler, à l'embarcadère. Elles partent au milieu de la baie.

 

- en pleine mer, ils les menacent d'un couteau (comme avec la touriste canadienne), les déshabille et les ligote. Les trois femmes ne savant pas nager et elles ne peuvent donc pas fuir.

 

- après les avoir violé, il les leste d'un bloc de béton au cou, et les jette, une à une, et toujours vivante, dans la baie, pour qu'elles disparaissent à tout jamais.

 

- il commet alors l'erreur de joindre sa femme, du bateau, par radio, pour l'avertir de son retard à cause d'un ennui de moteur.

 

 

 

Chandler nia toujours les faits, arguant qu'il était allé à la pêche, la nuit du crime ...Mais le faisceau d'indices l'accusant est bien trop important :

 

- il est l'auteur de la note sur le prospectus (expertise graphologique et identifié par une empreinte) ce qui le relie aux victimes.

 

- il habitait près de l'embarcadère et disposait d'un bateau de couleur blanc/bleu. Il a vendu ce bateau juste après les meurtres.

 

- il a été formellement reconnu par une touriste canadienne qui l'accusa de viol, juste après les meurtres des trois femmes. Le modus operandi, "ballade en bateau au crépuscule sur la baie, puis tentative de viol" correspondait à celui de l'affaire Rogers. Mais la femme, sachant nagée, s'était jetée à l'eau, en pleine nuit.

 

- Chandler naviguait sur la baie, la nuit du crime, un appel radio à sa femme l'attesta.

 

- enfin, son passé de délinquant sexuel alourdissait le tout.


 

Le 4 novembre 1994, Oba Chandler fut condamné à la peine de mort, le jury n'aura mis que 10 minutes à délibérer. Le 15 novembre 2011, 22 ans après son triple meurtre, il est exécuté par injection létale, dans sa prison de Floride, un billet direct vers l'enfer.

Le cas Oba Chandler, narré par Pierre Bellemare, dans Les enquêtes impossibles.


 


21/07/2013
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