Les grandes affaires criminelles.

Les grandes affaires criminelles.

JOSH GRIFFIN, POUR UNE SEMELLE DE TROP !

Le 29 mars 1997, la voiture de Kim Medlin,

 


 

serveuse dans un bar à Strip-Tease de Charlotte, est retrouvée sur la route pour retourner chez elle, à 3 heures du matin, phares et moteur allumés. Dans la journée, le corps de la jeune femme est retrouvée sous des branchages, à 2 kilomètres de son véhicule. Elle a été violemment battue et est morte étranglée.

Le mari de la victime, un temps soupçonné, et rapidement écarté. La scène de la découverte de la voiture est assez étrange. En effet, le moteur et les phares allumés, la vitre passager baissée, et surtout le portefeuille de Kim retrouvé dans le véhicule, sans son permis de conduire ! Toute la scène ressemblait à un contrôle de police qui aurait mal tourné !! L'impression des enquêteurs est renforcée par le témoignage d'un automobiliste, qui, vers 2 heures du matin, a vu un véhicule de police de Monroe, contrôler la jeune femme au volant de sa voiture rouge. Il reconnaît

Les experts de la police scientifique découvrent, eux, l'empreinte d'une semelle sur la veste de la jeune femme, comme si le tueur avait mis son pied sur le dos de la victime, tout en la frappant avec un objet contondant. Les spécialistes remontent à Thorogood la marque de la chaussure, et à un modèle particulier de semelle où des chevrons sont dessinés, qui, en effet, équipe les policiers de Monroe. La taille de l'empreinte indique que le tueur chaussait du 41,5/42 cm. Sur tous les policiers de Monroe, 3 correspondent au modèle et à la taille de la chaussure. Trois étaient de service le soir du meurtre, mais deux furent rapidement écartés. Le dernier, un certain, Josh Griffin, 24 ans, policier depuis un an,

 


 

dit avoir arrêté son service à 22 heures et être rentré chez lui pour dormir. L'analyse des donnés de son téléphone portable indiqua que le policier mentait. Griffin avait passé un coup de téléphone, à 2 heures du matin, pour appeler une dépanneuse ce qui prouvait qu'il n'était pas chez lui. Le suspect changea alors de version, affirmant qu'il s'était arrêté, avec sa voiture de service, vers 2 heures du matin, sur un parking d'un restaurant fermé, pour lire un bouquin (sic ...) et qu'un automobiliste en panne lui avait demandé de téléphoner à une dépanneuse. De plus, le parking en question jouxtait la route où la voiture de Kim avait été retrouvée. Et il connaissait la jeune femme, qui était venue porter plainte dernièrement, au commissariat de Monroe, car un automobiliste l'avait harcelé.

Curieusement, Josh avait récuré sa voiture, alors qu'il ne la lavait jamais et avait jeté ses chaussures de marque Thorogood, qui, disait-il, avait été abîmée dans un accident. Mais les experts furent formels ...l'empreinte laissée sur la veste de la victime correspondait parfaitement au modèle de chaussure porté par Griffin, et ce dernier, lors de son procès, fut un condamné à la prison à vie ! 4 ans plus tard, en détention, il passa aux aveux, avouant le meurtre de la jeune femme.

 


 

 


02/11/2017
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BRUAY EN ARTOIS : LE BOURGEOIS CONTRE LES PROLOS.

 

Le 6 avril 1972, à Bruay-en-Artois, dans un terrain vague proche d'un quartier populaire, Brigite Dewèvre, 15 ans et demi, fille de mineur, est retrouvée morte. La veille, la jeune fille était partie de chez ses parents, vers 19 h 30, pour aller dormir chez sa grand-mère, qui habitait un peu plus loin. L'adolescente, en partie déshabillée, a été étranglée. Son meurtrier l'a traînée sur le terrain vague pour, certainement, retarder sa découverte. Les lunettes de l'adolescente n'ont, par contre, pas été retrouvées.

Le juge Henri Pascal est saisi de l'affaire, et les investigations sont menées dans le quartier où habite des mineurs, pour trouver l'assassin. Dans le coron, tout se sait, et le soir du meurtre, des témoins ont vu la jeune fille. Un certain Jean-Pierre, adolescent de 16 ans, qui a vu passer Brigitte, alors qu'il était assis sur "la pierre", petit escalier typique qui lie le trottoir à la porte d'entrée de l'habitation de son frère. Une femme dit avoir vu l'adolescente parler avec un homme à col roulé, vers 19h 45, c'est la dernière personne à avoir vu Brigitte vivante.

Une infirmière qui rentrait vers 20 h 10, chez elle, a remarqué la présence inhabituelle d'une 504 Peugeot, garée près de son logement, qui était proche du lieu du crime. Vers 22 h 30, surprise de la présence de ce véhicule inconnu dans le quartier, elle releva le numéro d'immatriculation et alla se coucher. La police identifia rapidement le propriétaire. Un certain Pierre Leroy, notaire de Bruay, notable de la cité minière. Face au juge Pascal, le bourgeois est mal à l'aise, s'embrouille, pour finalement avouer qu'il s'était garé ici pour rendre visite à sa maîtresse, Monique Mayeur, une femme mariée en instance de divorce. Le notaire est mal à l'aise et se montre confus dans ses témoignages, ce qui provoque la certitude de sa culpabilité chez le juge Pascal.

Dans un contexte de fermeture des houillères, la colère des mineurs va se retourner contre le notaire, riche notable qui, en plus, doit s'occuper de la reconversion du bassin minier. Il est désigné à la vindicte populaire par le "petit juge", qui instruit l'affaire sur la place publique, négligeant le secret de l'instruction. L'extrême-gauche maoïste, via La cause du peuple, va s'emparer de cette affaire pour stigmatiser ce sale bourgeois, exploiteur du petit peuple, et va carrément en appeler au lynchage du notaire. Voyant ce fait-divers comme un élément de la lutte des classes, l'extrême-gauche va mettre de l'huile sur le feu, chauffant à blanc les mineurs contre le notable.

Pierre Leroy est inculpé le 13 avril 1972 par le juge Pascal. Mais lors des 2 reconstitutions, le témoin qui avait vu Brigitte avec un homme inconnu ne reconnaît pas le notaire, beaucoup plus corpulent que l'individu au col roulé parlant avec l'adolescente. Le "petit juge" n'en démord pourtant pas, il est certain que Leroy est coupable et le fait savoir dans les médias.

Les avocats du notaire, considérant que le juge Henri Pascal instruit uniquement à charge, le font dessaisir du dossier, ce qui entraîne la colère des mineurs, qui voient dans cette acte, l'effet des relations de Leroy, qui compte échapper à la justice grâce à ses connaissances.

Mais dans un contexte plus serein, à Paris, les enquêteurs parisiens vont rapidement conclure à l'innocence du notaire et s'intéresser à un témoin oculaire, le fameux Jean-Pierre, adolescent qui avait vu, assis sur sa "pierre", l'adolescente le soir du meurtre.  Manifestement, d'où il était, le jeune homme n'aurait pas pu voir l'individu dans la 504 Peugeot alors qu'il avait précisé avoir remarqué un homme corpulent et chauve, ressemblant au notaire, le soir du forfait. Interrogé, Jean-Pierre Flahaut, mis devant ses contradictions, avoua, en avril 1973,  le meurtre de Brigitte. Il indiqua même au policier la localisation des lunettes de l'adolescente, dans un coffre, chez son frère. Cet adolescent de 16 ans, orphelin de père, avait pourtant milité activement dans le Comité pour la Vérité et la Justice qui désignait le notaire comme le coupable.

L'épilogue fut assez curieux. Le notaire et sa maîtresse blanchis, Jean-Pierre Flahaut fut relaxé par deux fois, au cours de 2 procès, pour faute de preuves. Pourtant, sa présence sur les lieux du crime et les lunettes de l'adolescente cachées chez son frère l'accablaient ! Mais les parents Dewèvre n'ont jamais cru à sa culpabilité, et Maïtre Kiejman, l'avocat de la partie civile, plaida pour la relaxe du suspect, ce qui est assez rare dans les affaires judiciaires. L'acharnement contre le notaire, pendant plusieurs mois, a certainement joué son rôle, laissant un doute sur la culpabilité du jeune homme.

 



16/07/2017
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L"AFFAIRE DU PETIT GREGORY REBONDIT, 33 ANS APRES !

 

L'assassinat du petit Grégory Villemin, retrouvé noyé dans la Vologne, les bras et les mains liés, le 16 octobre 1984, déchaîna les passions des médias. Car à Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges, les jalousies et les haines recuites sont la toile de fond de cette triste affaire. Les parents du petit Grégory, Jean-Marie et Christine Villemin, était victime depuis quelques temps d'un corbeau, qui menaçait l'intégrité du couple via des lettres anonymes et des coups de téléphone. Juste après la découverte du cadavre du garçonnet, les parents meurtris recevaient une dernière lettre se réjouissant de la mort de l'enfant.

Rapidement, les gendarmes eurent des informations vitales par  Murielle Bolle, qui accusa Bernard Laroche, le cousin du père de Grégory,  d'être l'assassin, ce qui lui valut une mise en examen par le juge Jean-Michel Lambert. Mais un vice de procédure par la faute du "petit juge"

 


 

rendit l'accusation caduque et Bernard Laroche fut libéré en février 1985. Jean-Marie, le père, fou de douleur, se fit alors justice lui-même, tuant Laroche d'un coup de fusil, un mois après.

La suite ne fut pas glorieuse pour la justice française qui, comme dans l'affaire Dominici, se perdit dans les méandres de la Vologne, entre rumeurs médiatiques et faux-témoignages, qui obscurcirent l'enquête et amena même à l'inculpation de la mère de Grégory, Christine Villemin !

 


 

Bénéficiant d'un non lieu, en 1993, Christine et son mari Jean-Marie retournèrent dans l'anonymat et l'affaire dans l'oubli. Mais les parents n'abandonnèrent jamais l'espoir de connaître l'assassin de leur enfant et l'enquête est réouverte en 2000, pour des expertises ADN qui ne donneront rien.

En 2008, le capitaine Sesmat, gendarme qui fut le premier enquêteur sur cette affaire, parti à la retraite, sortit un livre "Les deux affaires Grégory"

 


 

où il régla ses comptes avec le juge Lambert, qualifié d'incompétent et livra sa vérité. Il désignait Bernard Laroche comme le coupable. Les dysfonctionnements de l'Etat sont d'ailleurs condamnés par la justice et les époux Villemin sont indemnisés, en 2004.

Coup de théâtre 33 ans après ! Les époux Jacob, sont mis en examen, le 16 juin 2017, à Dijon. Marcel Jacob, grand-oncle de Grégory et sa femme, Jacqueline, sont soupçonnés d'être les corbeaux qui menaçaient les époux Villemin via des lettres anonymes. Des analyses graphologiques ont désigné Jacqueline comme le corbeau de mauvais augure, grande-tante du garçonnet assassiné qui a gardé le silence, durant sa garde-à-vue ...un aveu de culpabilité ? De plus, le couple Jacob, très lié à Bernard Laroche, avait des relations exécrables avec Jean-Marie Villemin dont il jalousait la réussite sociale. On peut s'étonner que ce couple soit passé entre les gouttes, pendant plus de 30 ans et l'épilogue de cette triste affaire est peut-être en train de se jouer, aujourd'hui.

 


 

 


17/06/2017
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L'AFFAIRE KEVIN LEE GREEN : 16 ANS DE PRISON POUR RIEN.

 

Le 30 septembre 1979, Diana Green était sauvagement agressée  à son domicile d'Orange County, en Californie. Violée et violemment frappée, elle est dans un état critique lorsque son mari, Kevin, la découvrit, ensanglantée, dans le lit conjugal. Il avertit la police et les secours qui arrivèrent et eurent le temps de la sauver, mais la jeune femme, enceinte, va perdre son futur enfant et va garder des séquelles neurologiques sérieuses qui eurent des conséquences gravissimes pour ...le mari ! Car la police va rapidement suspecter Kevin Lee Green, le compagnon de la suppliciée. Des voisins vont témoigner avoir entendu une violente dispute entre les deux époux, le soir de l'agression. Les enquêteurs vont donc naturellement suspecter le conjoint de la victime. Ce dernier clame son innocence. Il confirme la dispute avec sa femme, mais il indique aussi que pour se calmer, il est sorti pour aller manger un hamburger. Lorsqu'il est revenu, il a trouvé sa femme à moitié morte dans son lit. Malgré le fait que le suspect passa victorieusement au "détecteur de mensonge", Kevin Lee Green est arrêté le 2 octobre 1979, suspecté d'avoir agressé sa femme. Cette dernière, victime d'amnésie, ne désigne pas moins son mari comme son agresseur ! A l'époque, les analyses ADN n'existant pas, impossible d'analyser le liquide séminal retrouvé sur la jeune femme et le compte est bon pour Kevin Lee Green ! En novembre 1980, reconnu coupable,  il est condamné par une cour à une peine allant de 15 ans à la prison à vie sur le témoignage d'un seul témoin oculaire, sa femme, qui n'a plus toute sa tête !!

C'est à partir de 1987, que les analyses ADN pour les enquêtes policières sont devenues possibles. Elles restaient, au début, très chères, et le prisonnier Kevin Lee Green n'avait pas les moyens de s'en payer une pour s'innocenter ! Mais avec cette nouvelle technologie, certaines affaires abandonnées, les fameux "Cold case" sont réouvertes par la police. Or, en 1979, à Orange County, lieu de l'agression de Diana Green, une série de viols avait été commise selon le même "modus operandi", le violeur agressant les jeunes femmes dans leur chambre, ce qui lui avait valu le surnom de "bourreau des chambres". La police, avec l'analyse ADN s'aperçut que cette série de viols était faite par un seul et même individu et que le violeur de Diana Green n'était pas le mari, mais un certain Gérald Parker, déjà incarcéré pour le viol d'une mineure.

 


 

Interrogé par la police, Parker avoua l'agression de Diana Green. Traînant dehors,  Il avait entendu, cette soirée de 1979, la dispute des deux époux et avait assisté au départ de Kevin du domicile familial. Il en avait profité pour agresser son épouse. Il reconnut qu'il savait que le mari avait été accusé à tort.

Avec la preuve ADN le disculpant et les aveux du violeur, Kevin Lee Green fut libéré en 1996,

 


 

et l'Etat de Californie, en 1999, le dédommagea d'une somme de 620 000 $ pour ses 16 ans passé en prison, à tort. Gerald Parker, lui, a été rejugé en 1999 pour la série de viols commise en 1979, il a été condamné à la peine capitale et attend toujours son exécution dans le couloir de la mort.

(Source: Les enquêtes impossible, 2013, épisode "Mauvais témoin").


02/02/2017
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SHEILA WYSOCKI, AU NOM D'ANGIE.

 

Le 12 octobre 1984, juste après les JO de Los Angeles, Sandra Wysocki, alors étudiante à Dallas, apprenait l'assassinat de sa meilleure amie, Angela Samota, sa colocataire. Violée, elle avait reçu 18 coups de couteau !!

 


 

Comme aucune effraction n'est constatée dans l'appartement, la police texane soupçonna l'entourage de la jeune femme. L'ex-petit ami et le petit ami d'Angie furent rapidement innocentés mais un ami, Russell Buchanan,  dernière personne à l'avoir vu, fut fortement soupçonné. L'individu n'avait aucun alibi et son comportement était perçu comme suspect. Harcelé par la police de Dallas, le jeune homme ne craqua pas et finit par déguerpir de Dallas pour s'installer à l'étranger ! Le suspect principal s'étant envolé, les enquêteurs restèrent le bec dans l'eau et l'affaire Angela Samota tomba progressivement dans l'oubli.

20 ans plus tard, en 2004, Sheila Wysocki, meilleure amie d'Angie, mariée et mère de deux enfants, se persuada qu'il fallait qu'elle retrouve l'assassin. Elle harcela au téléphone la police de Dallas, pour les persuader de rouvrir l'enquête, mais sa requête fut ignorée pendant plusieurs années. Jusqu'au jour où 2 enquêteurs furent détachés pour s'occuper des "cold case", enquêteurs qui tombèrent sur la route de l'entêtée Sheila. Ils retrouvèrent, dans une ville boîte poussiéreuse, entreposée dans les tréfonds du commissariat de Dallas, les éléments récupérés sur la scène de crime. Et, 25 ans plus tard, il y avait des éléments biologiques (le sperme) qui étaient encore exploitables via une analyse ADN, méthode qui n'existait pas dans les années 80. Un profil génétique est identifiée, et, surprise, il matche dans la base de données des empreintes génétiques. L'assassin n'était pas Russell Bachanan, l'ami d'Angie, mais un violeur en série du nom de  Donald Bess, qui était en liberté conditionnelle à l'époque de l'assassinat.

 


 

Condamné à la prison à vie pour une agression sexuelle, 7 mois après l'assassinat d'Angela Samota, Donald Bess fut condamné à mort, en 2010, pour son forfait commis 26 ans plus tôt ! Sheila Wysocki a réussi son pari !

 

 

 

 


05/11/2016
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